L'assurance-maladie suisse repose sur deux piliers aux règles radicalement différentes. L'assurance obligatoire des soins selon la LAMal s'impose à toute personne domiciliée en Suisse ; l'assureur doit accepter chacun, quels que soient son âge et son état de santé. Les complémentaires relèvent de la LCA : la liberté contractuelle y règne, l'assureur peut examiner, poser des réserves ou refuser.
La ligne de partage LAMal / LCA est le cœur de cette épreuve : obligation d'admission contre liberté contractuelle, catalogue légal contre prestation convenue, délais de la LAMal contre délais du contrat.
1. Qui doit s'assurer pour les soins en cas de maladie en Suisse ?
L'art. 3 LAMal soumet à l'obligation toute personne domiciliée en Suisse ; l'art. 7 OAMal fixe le délai à trois mois. Activité lucrative et nationalité sont sans importance.
2. Un assureur-maladie peut-il refuser une personne pour l'assurance de base ?
Les art. 4 et 5 LAMal fondent l'obligation d'admettre : l'assureur doit accepter toute personne soumise à l'obligation dans son rayon, sans examen de santé ni réserve.
3. À combien s'élève la franchise ordinaire pour un adulte ?
L'art. 103 OAMal fixe la franchise ordinaire des adultes à trois cents francs ; les franchises à option vont jusqu'à deux mille cinq cents francs. Les enfants n'ont pas de franchise ordinaire.
4. À combien s'élève la quote-part dans l'assurance obligatoire des soins ?
L'art. 64 LAMal prévoit une quote-part de dix pour cent ; l'art. 103 OAMal la plafonne à sept cents francs pour les adultes et trois cent cinquante francs pour les enfants par année.
5. Selon quels critères une prestation est-elle prise en charge par l'assurance de base ?
L'art. 32 LAMal exige que les prestations soient efficaces, appropriées et économiques, l'efficacité devant être démontrée selon des méthodes scientifiques. Ces critères sont réexaminés périodiquement.
6. Quand une personne à franchise ordinaire peut-elle changer d'assureur ?
L'art. 7 al. 1 LAMal permet le changement pour la fin d'un semestre moyennant trois mois. Avec une franchise à option ou une forme particulière d'assurance, le changement n'est possible qu'en fin d'année.
7. Quelle possibilité existe après la communication d'une nouvelle prime ?
L'art. 7 al. 2 LAMal ouvre, en cas de hausse de prime, un droit de changer pour la fin de l'année civile moyennant un mois. L'assureur doit donc communiquer la nouvelle prime en temps utile.
8. Qu'est-ce qui caractérise un modèle médecin de famille en assurance de base ?
L'art. 62 LAMal autorise des formes particulières d'assurance à choix limité des fournisseurs et à prime réduite. Le catalogue de prestations demeure identique ; seule la voie d'accès est restreinte.
9. Quels hôpitaux une personne peut-elle choisir en assurance de base ?
L'art. 41 al. 1bis LAMal accorde le libre choix parmi les hôpitaux répertoriés de toute la Suisse. Le remboursement se limite au tarif applicable dans le canton de domicile ; la différence reste à charge.
10. Qui accorde la réduction des primes dans l'assurance-maladie ?
L'art. 65 LAMal oblige les cantons à réduire les primes des assurés de condition économique modeste. La Confédération y contribue ; les modalités varient d'un canton à l'autre.
11. Quel droit régit les assurances complémentaires à l'assurance-maladie ?
Les complémentaires relèvent de la LCA : l'assureur peut refuser une proposition ou poser des réserves. Produits et tarifs sont surveillés par la FINMA selon la LSA.
12. Pourquoi un assureur exige-t-il un questionnaire de santé pour une complémentaire ?
Dans le domaine de la LCA règne la liberté contractuelle : l'assureur apprécie le risque avant d'accepter. La déclaration obligatoire du proposant découle de l'art. 4 LCA et se prend au sérieux.
13. Quelle prestation offre une complémentaire hospitalisation en division mi-privée ?
La couverture mi-privée étend le confort et la liberté de choix, non le catalogue médical. L'assurance de base demeure obligatoire et supporte la part de base des coûts.
14. Quel effet a une réserve dans une assurance complémentaire ?
La réserve exclut de la couverture une affection préexistante déterminée ; elle doit être limitée dans le temps et communiquée à l'assuré. En assurance de base, les réserves sont interdites depuis 1996.
15. Un assureur peut-il résilier une complémentaire maladie après un sinistre ?
L'art. 35b al. 2 LCA exclut le droit de résiliation de l'assureur après sinistre pour les complémentaires à l'assurance-maladie sociale. Cette règle protège précisément ceux qui recourent aux prestations.
16. Quelle prestation une complémentaire ambulatoire couvre-t-elle typiquement ?
La complémentaire ambulatoire enrichit le catalogue de base de prestations absentes ou limitées. Franchise et quote-part ne peuvent pas être assurées selon l'art. 64 LAMal.
17. Quelle prestation l'assurance de base couvre-t-elle lors d'une hospitalisation ?
L'art. 25 LAMal comprend le séjour en division commune ; l'art. 104 OAMal prévoit une contribution aux frais de séjour. Cantons et assureurs se partagent la rémunération selon l'art. 49a LAMal.
18. Quand l'assurance de base prend-elle en charge un traitement dentaire ?
L'art. 31 LAMal limite la prise en charge aux traitements dentaires occasionnés par une maladie grave du système de la mastication, par une autre maladie grave ou par un accident. Le reste exige une complémentaire.
19. Quand faut-il inclure la couverture accidents dans l'assurance de base ?
L'art. 8 LAMal permet de suspendre la couverture accidents tant que la personne est assurée selon la LAA. Si cette couverture cesse, par exemple après une perte d'emploi, l'inclusion doit être demandée sans délai.
20. Quelle conséquence a une réticence dans une assurance complémentaire ?
L'art. 6 LCA ouvre à l'assureur un droit de résiliation dans les quatre semaines dès la connaissance de la réticence. La prestation tombe dans la mesure où le fait tu a influé sur le cas.
21. Qui surveille l'assurance-maladie sociale ?
La surveillance de l'assurance-maladie sociale incombe à l'Office fédéral de la santé publique selon la LSAMal. Les complémentaires régies par la LCA relèvent en revanche de la FINMA selon la LSA.
22. De quoi dépend la prime de l'assurance de base ?
L'art. 61 LAMal permet d'échelonner la prime par canton, région de primes et classe d'âge ; franchise et forme d'assurance interviennent ensuite. Un échelonnement selon la santé ou le revenu est exclu.
23. Quelle question est décisive avant de résilier une complémentaire ?
Dans le domaine de la LCA, aucune obligation d'admettre n'existe : un refus après la résiliation laisse la personne sans complémentaire. L'ordre confirmation puis résiliation s'impose donc.
24. Quelles personnes peuvent traiter à la charge de l'assurance de base ?
Les art. 35 ss LAMal énumèrent limitativement les fournisseurs admis et soumettent l'admission à des conditions. Les traitements hors de ce cercle ne sont pas remboursés.
25. Quelle prestation l'assurance de base verse-t-elle pour une urgence à l'étranger ?
L'art. 36 OAMal plafonne le remboursement des urgences à l'étranger au double des coûts qu'aurait entraînés le traitement en Suisse. Le rapatriement n'est pas couvert et exige une complémentaire.
26. Quelle couverture complète l'assurance de base lors d'un voyage à l'étranger ?
L'assurance de base ne couvre que partiellement à l'étranger et ne prend pas en charge le rapatriement. Une garantie voyage comble ce vide et s'aborde avant tout séjour prolongé.
27. Quel effet a le choix d'une franchise plus élevée ?
L'art. 93 OAMal rattache à la franchise choisie un rabais de prime, dont l'ampleur est plafonnée. Le catalogue reste inchangé dans tous les cas ; seule la participation aux coûts varie.
28. Quelle donnée est décisive pour le choix d'une franchise ?
Une franchise élevée ne vaut la peine que si les coûts attendus restent bas et si le montant reste supportable le jour venu. Le conseil de l'art. 45 LSA doit relever ces deux éléments.
29. Qui choisit l'assureur-maladie d'un nouveau-né ?
L'obligation de l'art. 3 LAMal court dès la naissance et le choix de l'assureur est libre. Une annonce avant la naissance permet en outre de conclure des complémentaires sans examen de santé.
30. Quand la franchise peut-elle être modifiée ?
Les franchises à option valent pour une année civile et se modifient pour la fin de l'année. Les délais de résiliation des formes particulières d'assurance sont à respecter.
31. Quelle couverture examiner en priorité pour une jeune famille ?
Les complémentaires relèvent de la LCA et exigent un examen de santé ; chez un jeune enfant, il se passe régulièrement sans réserve. Plus tard, une maladie peut fermer durablement l'accès.
32. Quelles classes d'âge la tarification des primes connaît-elle ?
L'art. 61 al. 3 LAMal distingue trois classes : enfants jusqu'à dix-huit ans, jeunes adultes jusqu'à vingt-cinq ans et adultes. Au sein des adultes, aucun échelonnement supplémentaire selon l'âge n'est admis.
33. Quelle prestation l'assurance de base verse-t-elle en cas de maternité ?
L'art. 29 LAMal comprend les examens de contrôle, l'accouchement et le conseil en allaitement. Depuis 2014, ces prestations sont exemptes de toute participation, ce que précise l'art. 64 al. 7 LAMal.
34. Quel effet la conclusion d'une complémentaire a-t-elle sur l'assurance de base ?
Assurance de base et complémentaire relèvent de lois différentes et peuvent être placées chez des sociétés distinctes. L'assurance de base demeure obligatoire selon l'art. 3 LAMal.
35. Quelles personnes sont dispensées de participation aux coûts ?
Les enfants n'ont pas de franchise ordinaire et leur quote-part est plafonnée à la moitié du montant des adultes. En cas de maternité, la participation tombe entièrement selon l'art. 64 al. 7 LAMal.